David Bowie (1947-2016)

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MUSIQUE DE FILLES

« I don’t know where I’m going, but I promise it won’t be boring »   David Bowie

 

Il est parti.

David Bowie est décédé ce week-end, deux jours après son 69ème anniversaire. Deux jours après la sortie de son dernier album Blackstar. Un au revoir un peu brutal, mais pas tout à fait inattendu.

Vous avez sans doute déjà tout lu hier sur l’artiste, les hommages ayant été nombreux un peu partout sur la toile. Je ne reviendrai donc pas ici sur sa fantastique carrière, ses alter-ego merveilleux (qui auront été autant d’incarnations, ou plutôt de réincarnations, de son génie musical), l’influence qu’il aura eu sur un nombre incroyable d’artistes aujourd’hui aussi incontournables que lui (Lou Reed et Iggy Pop en tête), sa magnifique femme, son ennemi juré Marc Bolan – qui se tue dans un accident de voiture en 1977 – sa propension à se réinventer à chaque nouvel album, ses postures sexuelles ambigües, sa paranoïa et la manière dont la drogue a influencé ses compositions, sa période Berlinoise, ses yeux si particuliers (qui ne sont pas vairons comme tout le monde semble le penser puisqu’il s’agit d’une mydriase – conséquence d’un coup reçu lors d’une violente bagarre avec son ami Georges Underwood) ou encore la manière dont il a réussi à donner ses lettres de noblesse à un rock décadent et pailleté que beaucoup considéraient alors comme une gigantesque farce… Bowie aura été le premier à jouer du dédoublement entre le « vrai lui » et la star internationale, à se mettre dans la peau d’une créature qui est à la fois lui-même et un autre.

Un bosseur acharné, un véritable dandy, un féru d’art hyper cultivé (les connaisseurs mentionnent souvent la dimension plasticienne de sa musique), un expérimentateur de génie, une icône pop qui aura fait et défait les modes… Après un demi-siècle de carrière et 26 albums studio (c’est ce qui s’appelle être prolifique !), il aura atteint le statut de légende. Un Arlequin moderne et flamboyant, omniprésent puis quasiment invisible. La faute à la pudeur, au manque d’inspiration aussi. Et puis finalement la faute à la maladie – et la mort – qui nous reprend un musicien hors pair, un transformiste insaisissable qui nous laisse des chansons absolument magnifiques et aussi de belles citations. On laissera donc la « véritable » tristesse aux proches et à la famille de l’icône rock britannique. Nous les fans, nous avons encore ses chansons pour nous consoler. C’est tout ce qu’il nous reste et c’est déjà énorme. Mais ça fait tout de même un choc. C’est un morceau de l’histoire du rock qui s’en va.

C’est au début des années 70 que David Jones devient Ziggy Stardust. Et pose les premières pierres d’un personnage qui deviendra mythique. Il y a quelques jours, je confiais sur ce blog que mon père m’avait offert l’album The Rise & Fall of Ziggy Stardust & The Spiders From Mars en me disant : « C’est un chef-d’oeuvre, il faut que tu connaisses ce type et ses chansons. » Il avait raison, mon père. J’ai écouté l’album. Pas une fois. Pas deux. Neuf fois d’affilée. Et j’ai eu un déclic. En quelques écoutes sur mon lecteur de disques portatif (c’était hype à l’époque, ne riez pas !), j’ai eu accès à tout un univers musical plein de références et de subtilité. De poésie, aussi. Cet album a fait de moi la mélomane que je suis aujourd’hui. Ce sont les chansons de Bowie qui m’ont par la suite amenée à me pencher sur les démarches artistiques et les albums d’Iggy Pop, de Bob Dylan, du Velvet Underground, de Roxy Music, de The Who, de Little Richard, des Beatles, des Stones, des Smashing Pumpkins (et qui m’ont conduit beaucoup plus tard vers les groupes metal / HxC / punk / death / new wave / electro rock que j’apprécie tant…)

Bowie est parti et c’est un peu une page de l’Histoire qui se tourne. Et rien de mieux que quelques mélodies savantes pour faire son « deuil »… Un processus auquel le Monsieur nous avait pourtant habitués tout au long de sa carrière, lorsqu’il tuait méthodiquement chaque nouveau persona créé pour un album. Ziggy Stardust, Aladdin Sane, le Thin White Duke, le Pierrot, l’Halloween Jack… 1000 costumes, 1000 vies, tout ça pour un seul homme.

Personnellement j’ai toujours trouvé qu’il y avait quelque chose de profondément saisissant et déprimant dans ce processus. Dans cette façon de quitter un personnage, de quitter un corps, pour en posséder un autre. Comme s’il fallait pour chaque nouvel alter ego être encore plus flamboyant que le précédent, pour faire oublier la douleur causée par la mort du double délaissé. Une régénération nécessaire, qui me rappelle celle d’un autre de mes héros britanniques : Doctor Who (je pourrais faire des parallèles comme ça pendant des heures, mais je vais vous les éviter ici haha).

Il est temps de continuer notre train-train quotidien et de laisser le Starman flotter dans l’espace. Merci pour la musique.

Merci pour tout.

signature MEI JONES

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